Thursday, October 07, 2010

Le livre du rien


Quintessence du Zen

Osho commente ici le Hsin Sin Ming, recueil de poèmes sur la Foi Véritable, écrit à la fin du VIème siècle par Maître Sosan. C'est le plus ancien texte du Ch'an chinois.

Si, du monde des mystiques, je devais ne sauver que deux livres, l'un d'eux serait celui de Sosan. Il contient la quintessence, l'âme même du Zen.

Extrait :

Nous allons pénétrer dans le monde magnifique d’un maître zen du non-mental. Sosan est le Troisième Patriarche Zen. On ne connaît pas grand-chose à son sujet – c’est inévitable, car l’histoire n’enregistre que la violence. L’histoire n’enregistre pas le silence – elle ne peut pas le faire. On n’enregistre que les perturbations. Quand quelqu’un devient réellement silencieux, il disparaît de tous les enregistrements, il ne fait plus partie de notre folie. C’est inévitable.

Toute sa vie, Sosan a été un moine vagabond. Il n’est jamais resté où que ce soit; il ne faisait que passer, il se déplaçait. Il était une rivière; il n’était pas un étang, statique. Il était constamment en mouvement. Pour Bouddha, c’est là le sens du mot vagabond: les vagabonds doivent rester sans foyer, non seulement dans le monde extérieur, mais également dans le monde intérieur – parce que quand vous vous créez un foyer, vous vous y attachez. Ils doivent rester sans racines; pour eux, il n’y a pas de foyer, si ce n’est l’univers tout entier.

Même après qu’on ait reconnu que Sosan s’était éveillé, il a poursuivi son vieux chemin de mendiant. Il n’avait rien de spécial. C’était un homme ordinaire, un homme du Tao.

Il y a une chose que j’aimerais dire, et vous devriez vous en souvenir: le Zen est un croisement. Et tout comme des fleurs magnifiques peuvent naître d’un croisement, tout comme des enfants magnifiques peuvent naître d’un métissage, la même chose s’est produite avec le Zen.

Le Zen est un croisement entre la pensée de Bouddha et celle de Lao Tseu. C’est une grande rencontre, la plus grande qui ait jamais eu lieu. C’est pourquoi le Zen est plus beau que la pensée de Bouddha et que celle de Lao Tseu. C’est une floraison rare des cimes les plus élevées et la rencontre de ces cimes. Le Zen n’est ni bouddhiste ni taoïste, mais il contient les deux.

A propos de la religion, l’Inde est un peu trop sérieuse – un long passé, un poids pèsent sur le mental indien, et la religion est devenue sérieuse. On a couvert Lao Tseu de ridicule. On parle de lui comme du “vieux fou”. Il n’est pas sérieux du tout; vous ne trouverez pas homme aussi peu sérieux que lui.

Puis la pensée de Bouddha et celle de Lao Tseu se rencontrèrent, l’Inde et la Chine se rencontrèrent, et le Zen vit le jour. Et ce Sosan se trouvait à côté de la source originale au moment où le Zen est sorti de la matrice. Il contient l’essentiel.

Sa biographie n’a aucune importance, car quand un homme s’illumine, il n’a pas de biographie. Il n’est plus la forme. Sa naissance et sa mort sont donc des faits sans importance. C’est la raison pour laquelle, en Orient, on ne s’est jamais soucié de biographies, de faits historiques. On n’y a jamais trouvé cette obsession. Aujourd’hui, cette obsession est arrivée de l’Occident; les gens s’intéressent davantage à des choses sans importance. Connaître la date de naissance d’un Sosan, quelle différence cela peut-il bien faire – cette année-ci ou cette année-là? La date de sa mort, quelle importance cela peut-il avoir?

C’est Sosan qui est important, ce n’est pas son arrivée dans ce monde, dans ce corps, ce n’est pas son départ. Les arrivées et les départs sont sans importance. La seule chose importante se trouve dans l’être.

Et ce sont les seules paroles que Sosan ait prononcées. Souvenez-vous que ce ne sont pas de simples mots, car ils proviennent d’un mental qui est allé au-delà des mots. Ce ne sont pas des spéculations, ce sont des expériences authentiques. Quoi qu’il dise, c’est toujours quelque chose qu’il connaît.

Ce n’est pas un érudit, c’est un sage. Il a pénétré le mystère et ce qu’il apporte est très important. Il peut vous transformer totalement, complètement. Si vous l’écoutez, le fait même de l’écouter peut devenir une transformation, car ses paroles sont de l’or le plus pur.



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